Je ne serai pas aimée de tout le monde. Et alors ?
« Il faut que tu gardes le contact avec ta famille, c’est la famille. »
« Quand même, c’est ta mère. »
« Une famille, c’est sacré. »
Tu as déjà entendu ces phrases, n’est-ce pas ? Elles tombent, plates, comme des évidences. Et à l’intérieur de toi, quelque chose se noue. Parce que toi, tu sais bien que tu te coupes en quatre, que tu masques, que tu deviens plus petite pour continuer à être aimée.
Aujourd’hui, je veux te parler de quelque chose de profond, de très archaïque. Et d’un mouvement qui peut changer ta vie : te choisir.
Ce besoin d’être aimée n’est pas un caprice
Commençons par là, parce que je te vois peut-être déjà te dire : « Je suis trop sensible, je devrais m’en ficher. »
Non. Ce besoin d’appartenance, il est vital. Il est inscrit dans ta biologie.
Le système d’attachement est fondamental chez l’être humain. Il y a très longtemps, être isolé du groupe, c’était la mort assurée. Impossible de survivre seul face au froid, aux bêtes, à la famine. Ton système nerveux le sait encore, même si ta vie a changé. Exister aux yeux des autres, c’était exister, tout simplement.
Les neurosciences et des approches comme la théorie polyvagale nous le confirment : notre système nerveux est un système social. La connexion régule, apaise, sécurise. L’isolement et le rejet, eux, se vivent dans le corps comme une menace réelle.
Alors non, tu n’es pas « trop » d’avoir besoin d’être aimée. Tu es humaine.
Au passage : tu as peut-être déjà entendu parler du « cerveau reptilien ». La science évolue, la psychologie aussi, et on se rend aujourd’hui compte que cette image ne tient plus vraiment. Et c’est toute la beauté des approches intégratives : ne pas rester coincée dans un dogme, rester curieuse, prendre ce qui vit. La vie est une évolution. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est ce besoin fondamental de lien.
Quand le besoin d’être aimée devient un masque
Le problème, ce n’est pas le besoin. Le problème, c’est ce qu’on en fait quand il n’est pas nourri.
Si, enfant, tu as senti que l’amour était conditionnel qu’il fallait être sage, drôle, brillante, discrète, différente de ce que tu es, tu as appris une chose : pour être aimée, il faut se cacher.
Alors tu masques. Tu amortis. Tu souris à des remarques qui te blessent. Tu n’oses pas dire ce que tu penses vraiment. Et parfois tu vas plus loin encore : tu te rejettes toi-même. Tu te dis que tu ne conviens pas, que tu es trop, que pensée et façons d’être sont « bizarres ».
On vit dans une société qui adore catégoriser. Il faut rentrer dans des cases. Et la psychopathologie classique fait pareil : elle regarde des symptômes et pose des étiquettes. « Tu es dans cette case, alors je te donne tel protocole. » Utile parfois, bien sûr. Mais réducteur souvent.
Parce que vu d’un autre angle, il y a très peu de « pathologies ». La plupart de ce qu’on appelle symptômes sont en réalité des appels. Des appels de parts de nous qui se sont dissociées, mises de côté, exclues souvent pour de très bonnes raisons : survivre, rester aimée, rester en lien.
Un symptôme n’est pas un ennemi. C’est un messager.
Le deuil qui ouvre la vie
Et là, on arrive au cœur de ce que je veux te dire. À un moment donné, sur le chemin, il se passe quelque chose d’à la fois douloureux et libérateur.
Il faut pouvoir voir, vraiment voir, la part de toi qui continue de se battre pour être aimée. La part qui tire des masques, qui se rétrécit, qui se fait même du mal — parce qu’elle croit encore qu’il y va de ta survie. Elle ne se bat pas contre toi. Elle te protège. Elle le fait avec les moyens d’une petite fille qui n’avait pas d’autre choix.
Et quand on l’écoute vraiment, c’est tout l’art de ce que je pratique en maïeusthésie, quelque chose se dénoue.
Alors parfois, oui, ça ressemble à un deuil. Parce que parfois, ça peut en être un.
Le deuil de me dire : je ne serai pas aimée de tout le monde. Je ne serai peut-être même pas aimée de ma famille, telle que je suis.
Je sais. C’est immense. C’est contre-intuitif on nous répète depuis toujours qu’il nous faut une famille, qu’on doit y tenir, coûte que coûte. Et je ne dis pas qu’il faut couper, ni se fâcher. Je dis qu’à un moment donné, la question n’est plus : « comment continuer à être aimée ? » mais : « comment continuer à vivre, moi ? »
Se choisir, ce n’est pas de l’égoïsme
Attention, on n’est pas dans une société individualiste qui te dit « prends soin de toi, tant pis pour les autres ». Rien à voir.
Se choisir, c’est sortir de la survie. C’est arrêter d’être une version diminuée de toi pour rentrer dans un rôle qu’on t’a assigné.
Et je vais même te dire : je ne parlerais pas d’« accepter » qui tu es. Accepter, ça sous-entend qu’il y aurait quelque chose de difficile à avaler. Non. Il s’agit de comprendre qui tu es. Comprendre ces parts qui se battent, comprendre tes masques, comprendre tes peurs. Et dans ce mouvement de compréhension, quelque chose se détend tout seul, sans effort.
Se choisir, c’est :
– Arrêter de négocier ton droit d’exister.
– Faire la paix avec le fait que certains ne te verront jamais vraiment.
– Cesser de te rejeter toi-même.
– Passer de survivre à vivre.
Une renaissance
Voilà le mot que je garde : re-naître à soi-même.
Parce que se choisir, ce n’est pas se fermer ou se protéger. C’est se redonner la vie. Le droit d’exister pleinement, avec ta sensibilité, ta manière de penser, tes intensités, ta différence.
Je t’accompagne justement dans ce mouvement-là : aller rencontrer, en douceur et en profondeur, ces parts de toi qui maintiennent le masque et la course à l’amour, pour qu’elles retrouvent la paix. Pour que tu retrouves la tienne.
Si tu te reconnais dans ces lignes, la fatigue d’être une autre, le nœud des retrouvailles familiales, ce sentiment de ne jamais en faire assez pour être aimée mon accompagnement Déploiement est fait pour ça. Trois mois pour aller à la rencontre de toi-même, en sécurité, avec des outils somatiques et psychiques, pour que cette renaissance ne reste pas une belle idée mais devienne ton quotidien.
Et si tu commençais par t’offrir trente minutes ? Un appel découverte, rien de plus, pour voir où tu en es et ce qui veut être libéré en toi. Je t’attends.
